Pour présenter une nouvelle parution posthume du maître zen Shunryu Suzuki, j’ai invité, à la Boutique Zen de Paris, l’éditeur José Le Roy et le traducteur Ludovic Fontaine.
Aucune autre sesshin n’a façonné mon chemin comme cette retraite hivernale qui a eu lieu dans des endroits éphémères en France et en Allemagne. La transformation au fil des ans n’était pas seulement individuelle, mais collective. Ce récit témoigne de cette constante évolution, qui est une grande aventure du Zen européen.
Les mouvements de nos mains diminuent à mesure que le nombre de nos pensées augmente. C’est un signe distinctif du XXIe siècle.
Comme les anciens banquiers londoniens, qui écrivaient fièrement sur leur carte « banquier et agriculteur », nous devons retrouver pour nos mains et pour nos esprits des champs d’activité justes.
Le corps connaît sa posture juste, il la trouve si l’on lui en laisse le temps. Il en va de même pour la respiration, qui agit selon son propre rythme si on n’exerce pas de pression.
Nous sommes tous, presque tous, fatigués ou épuisés. C’est pourquoi nous parlons trop, agissons trop, passons notre temps à absorber des informations que nous oublions aussitôt. Dans ce contexte, pratiquer zazen devient un véritable repos, à condition qu’il n’y a pas trop d’agitation dans le dojo.